Séminaire transversal - Mardi 6 décembre 2016 de 14h00 à 16h30 - salle de réunion de l'IAE de POITIERS

Lors du prochain séminaire du laboratoire, nous aurons le plaisir de recevoir notre collègue Eve Lamendour et Yannick Lemarchand, Professeur émérite à l’université de Nantes. Leurs travaux en histoire de la gestion sont connus de tous, et c’est bien d’histoire(s) qu’ils viendront nous parler le 6 décembre prochain, à 14H00 à l’IAE de Poitiers.

 

Yannick Lemarchand va relire l’appel à communication de l’AFC 2017 à l’aune d’une histoire de la comptabilité.

 

Comptabilité, responsabilités et comptabilités

Lisant le thème du prochain congrès de l’Association francophone de comptabilité — accountability, responsabilités et comptabilités —, un observateur venu du milieu du XVIIIe siècle y verrait immédiatement redondance et superfluité. Il faudrait alors lui expliquer que depuis son époque, le sens du mot comptabilité a évolué à un point tel, qu’il faut désormais avoir recours à son ancien équivalent anglais pour exprimer un signifié qui depuis longtemps ne lui est plus attaché. Les questions de vocabulaire sont révélatrices et ce constat est un point de départ. Il s’agira d’examiner, dans l’évolution de ses formes et de ses usages, quelles relations la comptabilité a entretenu avec la comptabilité !

 

Eve Lamendour présentera une recherche en cours, L’histoire qui affecte. Les autobiographies familiales. Elle doit présenter son premier article à ce sujet aux 22es Journées pour l’Histoire du Management et des Organisations.

 

Dans le cadre d’un cours d’histoire du management, le passage par une enquête personnelle portant sur la vie au travail d’un grand-parent a permis aux étudiants de découvrir une motivation nouvelle pour l’histoire des organisations. L’artifice de la situation (une commande à caractère obligatoire émanant d’un enseignant) n’empêche pas la difficulté de l’exercice qui touche à la trajectoire familiale et à la pudeur individuelle du questionneur et du questionné. L’obligation a par ailleurs un caractère libérateur . Dans ce texte, nous présenterons d’une part les points saillants de cette mémoire familiale : le premier salaire, élément mémorisé sans exception ; les destins féminins (la sténo-dactylographie comme seul recours) ; les valeurs transmises dans le discours ou dans le récit de vie (le travail comme valeur, la confiance de la poignée de main en guise de recrutement, l’idée que l’effort et la bonne volonté seront récompensés), les incidents de parcours, etc. D’autre part nous reviendrons sur ce que cela fait. Car, en effet, la situation d’entretien agit comme un révélateur. Les jeunes gens et jeunes filles posent à leurs grands parents des questions qu’ils n’ont jamais formulées jusque-là et découvre des pans de vie inconnus. L’aïeul en dévoilant des dimensions ignorées gagne en complexité, en profondeur. Et l’étudiant se prend au jeu ; avec un bel esprit systématique, certains interrogent les quatre grands parents et les arrière grands parents vivants, réalisent des entretiens filmés, établissent des arbres généalogiques de leur famille au travail, recueillent une série de documents qui sont autant de sources historiques complémentaires (bulletins de salaire, photographies, documents publicitaires, plans, etc.). En partant du singulier, de ce qui les touche de façon immédiate et affective, ces étudiants expérimentent la démarche du chercheur. C’est en ce qu’elle les affecte que l’histoire des organisations les mobilise.

Date de l'actualité: 
Lundi, 28 Novembre, 2016
Actualité visible: 
Oui